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Rencontre Science / Société

sur l'énergie et le climat

Dernière mise à jour : 5 Janvier 2026

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Impression d'un journal par une parabole solaire en 1882.
Impression d'un journal par une parabole solaire en 1882.
Louis Poyet, sous licence CC0, via Wikimedia Commons

Une rencontre au format participatif pour faire émerger des sujets à explorer.

A lyon. 1 Journée. Le 27 Mars 2026.

Rencontre coordonnée par le tiers-lieu La Myne et organisée dans le cadre du programme OSER porté par le MSER, Mouvement des Savoirs Engagés et Reliés. L'intention de ce programme est de favoriser la rencontre d'acteurs universitaires et de la société civile (citoyens, associations, ESS) pour co-produire du savoirs utiles aux crises.
L'organisation de cette rencontre est susceptible d'évoluer, notamment en fonction d'échanges en cours et des propositions des participants.


Contexte

L’énergie est structurante pour le fonctionnement des sociétés humaines et reste transversal à tous les autres sujets que ce soit la mobilité, le batiment, l’alimentation, la santé, etc… L’influence des choix énergétiques sur la stabilité du climat à différentes échelles de temps est bien identifié et quantifié, au moins au niveau scientifique au travers des travaux du GIEC. Les problématiques liées aux ressources matérielles tant énergétiques (ressources d'origine fossile) qu'avec les matériaux nécessaires aux infrastructures (cuivre, terres rares,...) sont quantifiées mais insuffisamment prises en compte pour permettre de structurer une société soutenable. Ces choix énergétiques et les conséquences tant sociétales, économiques et techniques ainsi que les impacts sur la stabilité du climat restent peu discutés au sein des sociétés, surtout en France. Pour autant, différentes formes de reprise en main par la société civile sont tentées au travers de communautés énergétiques, de tiers-lieu de recherche, d'évolutions législatives ou de luttes face à des méga-infrastructures décidées sans dialogue.

La science produit une connaissance abondante sur l'énergie, les infrastructures et le climat. Au vu des immenses urgences énergétiques et de la nécessité de réorienter ces choix en intégrant ces urgences et les besoins des différents acteurs de la société, il apparait qu'il n'est plus possible de pratiquer ces sciences pour seulement produire de la connaissance par intérêt scientifique ou philosophique. Il est nécessaire d'adosser cette production de connaissances à des problématiques au sein même de la société afin que les transitions puissent être mises en oeuvre et qu'elle devienne soutenable tant matériellement que climatiquement et cela sur une durée d'au moins plusieurs générations.

Recréer du lien science / société

L'intention de la rencontre est de faire interagir chercheurs et acteurs de la société civile pour identifier conjointement des sujets à travailler. Le terme "acteurs de la société civile" regroupe les citoyens, collectifs et associations de citoyens mais intègre également les activités économiques que ce soit des activités artisanales, des petites entreprises, des structures de l'ESS et des entrepreneurs dont les activités restent nécessaires pour diffuser des solutions, les concrétiser et les passer à l'échelle au-delà du cadre de recherche et d'expérimentation. L'articulation chercheurs / citoyens avec les entreprises semble indispensable pour faire advenir une société dont les infrastructures énergétiques et leurs usages s'inscrivent dans la durabilité.

Tiers-lieux de recherche, laboratoires citoyen

Pour faire interagir chercheurs et citoyens en articulation avec des acteurs économiques et mener des expérimentations en conditions réelles (notamment en dehors des laboratoires ou d'espaces aux contextes maitrisées), les tiers-lieux, même si tous ne se valent pas, peuvent offrir des contextes adaptés. Ces tiers-lieux regroupent des acteurs en volonté d'action, déjà conscients de problématiques, avec des structurations souples et une insertion dans des réseaux variés.
De nombreux tiers-lieux sont rassemblés dans des réseaux informels sans entité coordinatrice ou décisionnaire. Chaque communauté au sein des tiers-lieu agit/explore des sujets qui lui paraissent pertinents, en lien avec un territoire délimité ou des thématiques à échelle nationale. Leur structuration permet une grande souplesse pour s'adapter à une situation, à des problématiques, à des envies d'expérimentation, à des contraintes tout en étant résilient face à différentes sortes "d'attaques" (d'entreprises dominantes, d'institutions majeures ou de structures étatiques).

Il existe de nombreux tiers-lieu et laboratoires citoyens ayant des activités d'expérimentations, parfois en lien avec des laboratoires universitaires, sur des sujets de production d'énergie (micro-production de biogaz, auto-construction de systèmes de chauffage au bois ou au solaire, centrales photovoltaïques citoyennes,...). Leurs activités sont très souvent adossées à des structures économiques (formation, production en série de machines, production de biens à partir de systèmes low-tech,...), à la fois pour couvrir les besoins financiers des acteurs et comme moyen de support de diffusion des techniques.

Co-Production et partage de connaissances

Pour que ces nombreux acteurs - aux cultures, temporalités et pratiques différentes - puissent interagir, il y a besoin que les informations et les connaissances soient co-produites, rendues accessibles aux différentes parties prenantes et réutilisables dans d'autres contextes. Exit les comptes rendus de réunions tenus par un.e secrétaire de séance et bienvenu à l'écriture par l'ensemble des acteurs afin de respecter les positionnements des un.e.s et des autres et pour que la connaissance puisse être utilisable collectivement. Pour autant, ces informations et connaissances ne doivent pas nécessairement être rendus accessibles et utilisables à n'importe quelle type d'acteur pour en faire n'importe quoi mais il doit y avoir une forme de cadre pour garder de la cohérence et sécuriser les participants. C'est ce que propose l'approche par les Communs de la connaissance dont l'un des piliers est de mettre en place des règles de gouvernance de ces ensembles de connaissance, règles qui peuvent être remises en question par toutes les parties prenantes.

Au-delà du partage d'informations, nécessaire pour structurer des échanges entre acteurs et au sein des organisations, les connaissances sont également indispensables pour aborder les sujets technologiques et de l'énergie nécessitant un volume conséquent de savoirs et manipulant de gros volumes de données, en particulier autour des sujets de réseaux d'énergie, et des modèles climatiques.

Précarité subie & sobriété choisie

L'énergie est un élément clé dans les logements et plus largement dans les batiments, particulièrement sur des aspects de chauffage avec, plus récemment, une prise de conscience autour du confort d'été avec les canicules qui vont devenir récurrentes. De nombreux habitants peuvent difficilement adapter leurs logements et leurs modes de vie n'étant pas propriétaires, dans des batiments en mauvais état et sous des dépendances d'organisations (état, copropriétés, bailleurs sociaux...). Ces situations leurs font subir différentes formes de précarité énergétique.

D'autres populations choisissent et expérimentent des modes de vie plus sobres avec des moyens de chauffage autoconstruit, des rénovations de bati avec des isolations et inerties renforcées, en s'appuyant sur une maitrise des batis, de leurs aménagements et des usages. Ces démarches volontaires s'appuient sur des réseaux de partage de connaissances et d'expériences, sur de la réappropriation des batis et des technologies, sur des expérimentations collectives (habitats partagés, tiers-lieux, fermes collectives,...) parfois avec l'usage de pratiques low-tech.

Des laboratoires universitaires mènent des observations à l'échelle de quartiers ou de territoires pour évaluer des conditions de changement de comportement des habitants dans la durée ou par rapport à des événements (blackout, coupure de réseau après des tempêtes, confinement,...).

La précarité subie par certains pourraient être améliorée avec les retours d'expérimentation de sobriété choisie par d'autres. Les observations sur des territoires et les modalités pour du passage à l'échelle de ces pratiques et de choix technologiques pourraient être travaillées avec l'appui de méthodes de laboratoire.

Démocratie énergétique

Les choix techniques, i.e. sources d'énergie, moyens de production, stratégies, gouvernances restent peu discutés en France en autres en raison des choix énergétiques effectués au sortir de la seconde guerre mondiale. Pour autant, les effets sur le climat et les raréfactions de ressources matérielles, prévus hier par les scientifiques et vécus aujourd'hui par les citoyens et les entreprises remettent en jeu ces choix. La démocratie énergétique, et technologique par richochet, restent à travailler malgré les urgences climatiques et énergétiques. En lien étroit avec la démocratie énergétique, les nécessaires sobriétés énergétiques et technologiques restent à travailler pour construire une société qui soit soutenable à l'échelle des prochains siècles.
De nombreuses luttes de terrain sont liées à des enjeux d'énergie ou d'infrastructures les utilisant (NDDL, A69, Lyon-Turin, ...) et intègrent des formes de démocratie technologique. Ces luttes ont besoin d'être alimentées par des discours s'appuyant sur des arguments scientifiques. Des retours d'expérience seraient également à collecter pour affiner les stratégies d'argumentaires et sur la pertinence des savoirs disponibles et partagés. Les liens science/activisme sont ainsi à développer plus largement en intégrant les différences de culture.

Photo du MSER

Des sujets variés à ouvrir

La thématique "Energie/Climat" de la rencontre est pris dans son sens large, c'est-à-dire que les moyens matériels pour produire, transporter, utiliser l'énergie rentrent également dans les sujets à travailler, ainsi que les problématiques d'impacts et de pollutions pour faire le pont entre énergie et climat. Pour autant, il s'agit de ne pas rester uniquement sur des sujets techniques ou de sciences "dures" mais d'explorer d'autres aspects comme ceux du juridique, de la gouvernance, de la sociologie et de relier les sujets traités avec les thématiques des autres rencontres du programme OSER (numérique, santé, alimentation, ...).


En pratique

La rencontre se déroulera sur une journée en Mars 2026 (date fixée très prochainement) et fera une place large à des interactions en ateliers plutôt que sous forme de formats descendants. L'idée est d'explorer les sujets évoqués dans ce texte pour formuler des sujets de recherche ou d'action et de brosser des axes de travail pour prolonger cette rencontre par de nouveaux échanges dans les mois suivants.
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Photo du MSER (au JESER#2)
Le déroulé prévisionnel de la journée sera :
  • Introduction du sujet et déroulé pratique
  • Table ronde et choix des sujets à traiter
  • Ateliers en parallèle (par groupes de 5 personnes ?)
  • Déjeuner
  • Ateliers en parallèle (par groupes de 5 personnes ?)
  • Regroupement des ateliers par grandes thématiques pour échanges
  • Synthèse des propositions et futures actions collectives

Différents thèmes pour des échanges en atelier seront proposés en amont, sur cette page, et vous pouvez proposer des sujets à discuter (par mail avec quelques phrases descriptives à laurent.em@free.fr). L'animation de chaque atelier peut être adaptée au cas par cas: présentation d'un projet par un porteur puis échange, description d'une problématique, sujet construit collectivement, ...
Des sujets pourront être proposés le jour même en fonction des rencontres qui auront lieu. L'idée générale est de rester souple et de s'adapter aux envies et besoins de discussion.
Une attention particulière sera portée sur la capitalisation des échanges en gardant trace sous forme de pads, de paperboards ou de photo de schéma, le tout pour permettre un partage entre les participants et au-delà.

Bibliographie et ressources