Stand up for Sciences et Recherches Participatives
Billet
Nos sociétés font face à une multitude de crises (sanitaires, politiques, environnementales...) auxquelles des scientifiques isolé·es de la société ne pourront apporter de réponses satisfaisantes. Ces crises nous montrent la nécessité de prendre en compte d’autres intérêts et risques que ceux définis par les acteurs techno-industriels et de soutenir les alliances pour des sciences dans le dialogue avec des savoirs issus de l’expérience et des pratiques qui ont été longtemps dévalorisées. Il nous faut nous lever pour des sciences renouvelées, avec et pour la société, dans des approches transdisciplinaires permettant d’appréhender la complexité du réel.
Un temps inter-organisations est prévu le mardi 4 novembre, de 13h à 15h pour partager les informations et réfléchir à des mobilisations pour des Sciences avec et pour la société,
→ soit à l’Académie du Climat (2 place Baudoyer, Paris 4e)
→ soit par visio : https://us02web.zoom.us/j/82695620044
- Un commencement d'intérêt pour ce renouvellement est apparu en 2020 dans le rapport annexé de la Loi de programmation de la recherche (LPR) pour les années 2021 à 2030, qui prévoyait de consacrer au moins 1% du budget d'intervention de l'ANR au partage de la culture scientifique, via des appels à projets dédiés mais aussi en finançant un volet "recherche participative" ou un volet "culture scientifique" dans le cadre des projets de recherche "volontaires".
- Défendre les sciences avec et pour la société, ce n'est pas affirmer une parole scientifique qui serait reçue comme une vérité "descendante" par des citoyens passifs, comme le précise encore le rapport annexé de la LPR. Il s'agit bien plutôt, comme le soutiennent les signataires de cet appel, de soutenir des recherches où des membres d'une organisation de la société civile (association, ONG, groupes d'habitant·es ou de professionnel·les) s'associent avec des chercheurs académiques pour construire et mener ensemble un projet de recherche. L'objectif est de produire des connaissances qui constituent un réel intérêt scientifique et qui répondent aux besoins sociaux et écologiques croissants et négligés par les orientations scientifiques dominantes.
- Depuis l'adoption de la LPR en 2020, 3 appels à projets "Recherches participatives" ont été lancés par l'ANR, représentant un budget de l'ordre de 10 millions d'euros. Une paille au sein des 30 milliards d'euros consacrés annuellement à la recherche et l'innovation (MIRES + PIA + CIR). Et pourtant c'est déjà trop. Comme signalé par différents CP et confirmé par l'ANR, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et l'ANR abandonnent unilatéralement à la fin de l'année, sans concertation ou même évaluation le dispositif "Sciences avec et pour la société" (SAPS), en centrant les futurs appels vers les seuls objectifs de luttes contre la désinformation et d'appuis aux politiques publiques.
- Ce dispositif que certains ont pu lire comme un lot de consolation au sein de la loi austéritaire et liberticide de programmation de la recherche (LPR) promulguée en 2021, ne représentait pourtant qu'une goutte d'eau au sein du service public de la recherche. Pour petite que soit cette goutte, elle a aidé pourtant de petites rivières à grandir avec des initiatives comme les Boutiques de Science, des projets de sciences et recherches participatives. Or, avec cette décision de l'ANR, il n'existerait en 2026 plus aucun dispositif de soutien à la recherche participative au niveau national ! Plus non plus de soutien aux actions SAPS des Universités (fin de la labellisation) et disparition de la section "Sciences et Société" du CNRS qui structurait et promouvait des recherches sur tous les enjeux sociaux des sciences.
- Comment ne pas voir dans cet abandon des parallèles avec l'autoritarisme avec lequel les gouvernements d'extrême-droite aux États-Unis, en Argentine, en Hongrie ou en Russie s'attaquent aux sciences qui oseraient avoir l'audace de ne pas se mettre au service de la croissance économique ? Comment croire aux discours de gouvernements qui vantent sans cesse la responsabilité de toutes et tous quand celui-ci ne tient pas ses engagements budgétaires et revient en permanence sur ses propres politiques? Comment ne pas associer ces reculs sur le plan démocratique aux régressions fortes observées depuis des années sur les questions écologiques) ? Le participatif, ça commence à bien faire ?
- Affaiblir les dispositifs de médiation sciences/société, c'est encore un nouveau moyen pour l'État de s'en prendre aux associations, qui subissent de mille façons la politique austéritaire des gouvernements successifs.
- Il nous semble important de relever aussi les attaques récurrentes dont font l'objet les établissements publics qui s'efforcent encore de produire des expertises indépendantes dans le domaine du nucléaire, de la biodiversité (OFB), de la santé, de l'agronomie (INRAE) ou encore de la transition écologique (ADEME). Ce qui est attaqué, c'est la capacité des sciences à contribuer au débat démocratique et à empuissanter les citoyens.
- Pour toutes ces raisons, nous nous associons à la tribune "La science sans la société, c'est l'expertise sans la démocratie » des vice-présidentes et vice-présidents Science et Société et nous appelons les différents acteur·ices scientifiques, associatifs, syndicaux et citoyen·nes à revendiquer une politique démocratique soutenant les sciences avec et pour la société.
Un temps inter-organisations est prévu le mardi 4 novembre, de 13h à 15h pour partager les informations et réfléchir à des mobilisations pour des Sciences avec et pour la société,
→ soit à l’Académie du Climat (2 place Baudoyer, Paris 4e)
→ soit par visio : https://us02web.zoom.us/j/82695620044
Date
04.11.2025 - 13:00
